Le métier de talemelier

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Le talemelier (talmelier, tallemandier) est le boulanger du moyen-âge.

Ce métier est cité dans le Livre des Métiers* d’Étienne Boileau, daté de 1268.

L’origine du mot talemelier, du latin talemetarius ou talemarius, pourrait venir de taleâ metari, compter sur une taille.

Le pain ne se payait pas à chaque achat mais à terme.

Talemelier coches bois

 

Aussi le talemelier comptabilisait ses ventes pour chaque client sur une taille, sorte de planche en bois dédoublée sur l’épaisseur dans le sens de la longueur, 

 

 

Talemelier coches noisetier

 

ou sur des baguettes de noisetiers, de bourdaine ou de coudrier, de 40 à 60 centimètres.

 

 

 

 

Sur le manche, d’un côté, le talemelier faisait apparaître le nom du débiteur et la date de la première fourniture et sur l’autre côté le prix fixe du pain demandé par le client.

Il fendait ensuite en deux dans le sens de la longueur la baguette en laissant le manche non fendu, le séparant par une coupe oblique de l’autre moitié de la baguette ainsi taillée.

Talemelier coches noisetier

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A chaque pain remis le boulanger rapprochait les deux tailles portant le nom du client, et faisait une coche. Le même trait marquait donc avec similitude les deux parties et il n’y avait pas de contestation possible.

La partie avec manche restait chez le talemelier après les livraisons et l’autre était remise au client qui devait s’en munir pour que chaque achat puisse être enregistré.

Lors du règlement le talemelier rabotait ensemble les deux tailles, et il était possible de comptabiliser dessus à nouveau, jusqu’au moment où, trop fines, il fallait les remplacer.
Les tailles seront utilisées jusqu’à la moitié du XIXème siècle.

*Le titre exact est Les Établissements des Métiers de Paris. Son auteur, Etienne Boileau, à été nommé Prévôt de Paris par Saint Louis en 1261, en charge de la juridiction des métiers. Devant les difficultés à régler les litiges de métiers de tradition orale, il recueille par écrit les statuts des différentes communautés de métiers et les réunis dans un recueil, connu sous le nom de Livre des Métiers, daté de 1268.